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Groupement paroissial de Villars les Dombes

catechese

Monseigneur Roland et le Coronavirus

2 Mars 2020, 15:41pm

Publié par Paroisse Catholique de Villars les Dombes

Épidémie du coronavirus ou épidémie de peur ?

 

Photo Jean-François Grimmer

 

Plus que l’épidémie du coronavirus, nous devons craindre l’épidémie de la peur ! Pour ma part, je me refuse de céder à la panique collective et de m’assujettir au principe de précaution qui semble mouvoir les institutions civiles.

Je n’entends donc pas édicter de consignes particulières pour mon diocèse : les chrétiens vont-ils cesser de se rassembler pour prier ? Vont-ils renoncer à fréquenter et à secourir leurs semblables ? Hormis les mesures de prudence élémentaire que chacun prend spontanément pour ne pas contaminer les autres lorsqu’il est malade, il n’est pas opportun d’en rajouter. 

Nous devrions plutôt nous souvenir que dans des situations bien plus graves, celles des grandes pestes, et alors que les moyens sanitaires n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, les populations chrétiennes se sont illustrées par des démarches de prière collective, ainsi que par le secours aux malades, l’assistance aux mourants et la sépulture des défunts. Bref, les disciples du Christ ne se sont ni détournés de Dieu ni dérobés au semblable. Bien au contraire ! 

La panique collective à laquelle nous assistons aujourd’hui n’est-elle pas révélatrice de notre rapport faussé à la réalité de la mort ? Ne manifeste-elle pas les effets anxiogènes de la perte de Dieu ? Nous voulons nous cacher que nous sommes mortels et, nous étant fermés à la dimension spirituelle de notre être, nous perdons pied. Parce que nous disposons de techniques de plus en plus élaborées et plus performantes,  nous prétendons tout maîtriser et nous occultons que nous ne sommes pas les maîtres de la vie ! 

Au passage, notons que l’occurrence de cette épidémie au moment des débats sur les lois de bioéthique nous rappelle fort heureusement notre fragilité humaine ! Et cette crise mondiale présente au moins l’avantage de nous rappeler que nous habitons une maison commune, que nous sommes tous vulnérables et interdépendants, et qu’il est plus urgent de coopérer que de fermer nos frontières !

Et puis nous semblons tous avoir perdu la tête ! En tous cas nous vivons dans le mensonge. Pourquoi focaliser soudainement notre attention sur le seul coronavirus ? Pourquoi nous cacher que chaque année, en France, la banale grippe saisonnière fait entre 2 à 6 millions de malades et provoque environ 8.000 décès ? Nous semblons avoir également évacué de notre mémoire collective le fait que l’alcool est responsable de 41.000 décès par an, tandis qu’on estime à 73.000 ceux qui sont attribués au tabac ! 

Loin de moi donc, l’idée de prescrire la fermeture des églises, la suppression de messes, l’abandon du geste de paix lors de l’Eucharistie, l’imposition de tel ou tel mode de communion réputé plus hygiénique (ceci dit, chacun pourra toujours faire comme il voudra !), car une église n’est pas un lieu à risque, mais un lieu de salut. C’est un espace où l’on accueille celui qui est la Vie, Jésus-Christ, et où par lui, avec lui et en lui, on apprend ensemble à être des vivants. Une église doit demeurer ce qu’elle est : un lieu d’espérance ! 

Faut-il se calfeutrer chez soi ? Faut-il dévaliser le supermarché du quartier et constituer des réserves afin de se préparer à tenir un siège ? Non ! Car un chrétien ne craint pas la mort. Il n’ignore pas qu’il est mortel, mais il sait en qui il a mis sa confiance. Il croit en Jésus qui lui affirme : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vite et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25-26). Il se sait habité et animé par « l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts » (Romains 8, 11).

Et puis un chrétien ne s’appartient pas à lui-même, sa vie est donnée, car il suit Jésus, qui  enseigne : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera » (Marc 8, 35). Il ne s’expose certes pas indûment, mais il ne cherche pas non plus à se préserver. A la suite de son Maître et Seigneur crucifié, il apprend à se donner généreusement au service de ses frères les plus fragiles, dans la perspective de la vie éternelle.

Alors, ne cédons pas à l’épidémie de la peur ! Ne soyons pas des morts-vivants ! Comme dirait le pape François : ne vous laissez pas voler votre espérance !

+ Pascal ROLAND

Diocèse Belley Ars


Les prochains rassemblements prévus dans le diocèse (haltes spirituelles le 10 mars à Ambérieu et le 14 à Oyonnax, Journée du Pardon le 28 mars...) sont donc maintenus.
 

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Le temps liturgique du Carême

27 Février 2020, 14:56pm

Publié par Paroisse Catholique de Villars les Dombes

Le Temps liturgique du Carême

Seigneur notre Dieu, Toi qui aimes à pardonner ceux qui s'humilient et veulent réparer leurs torts, prête l'oreille à nos prières (...). Par leur fidélité à ce temps de pénitence, qu'ils parviennent avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque de ton Fils... Prière de bénédiction des cendres.

 - le JEÛNE et l'ABSTINENCE : le Mercredi des Cendres et le Vendredi-saint. (sous peine de péché grave pour ceux qui y sont soumis                                                                            - l'ABSTINENCE: les vendredis (et pas seulement du Carême) Cf. Code de Droit Canon, n°1251.                                                                                                                                     Le jeûne consiste à ne prendre qu'un repas complet, pris à midi ou le soir. Pour les deux autres (petit déjeuner ou dîner par exemple) on prend un minimum (café ou lait sans sucre, pain sec, soupe le soir, par exemple) étant sauves les prescriptions médicales. Y sont soumis: les baptisés de 18 à 60 ans. Les autres peuvent le suivre librement.                         L'abstinence consiste à s'abstenir de viande (à partir de 14 ans). Cf Code, n°1252. Le partage: par l'aumône les fidèles s'efforcent de témoigner de plus d'amour et de solidarité envers leur prochain (en commençant par leurs frères chrétiens), dans leurs besoins matériels, humains et spirituels. .../. page suivante                                                                                    La prière: on sera attentif à prier fidèlement (le matin, le soir, l'angelus trois fois par jour, le chapelet), à rendre visite au Saint-Sacrement de l'autel dans les églises ou chapelles, les Heures saintes ou "adoration", la confession fréquente, etc...                                                   En matière de "sacrifices" (pour mortifier sa volonté propre) on a l'embarras du choix ! D'abord les addictions: tabac, alcool, internet, "portable", la télévision, internet ("les écrans")… La conduite automobile et les limitations de vitesse, la ponctualité (arriver à l'heure et même avant l'heure à la Messe, s'habiller, le dimanche, avec ce qu'on a de plus beau, pour le Seigneur et le lieu saint); etc.                                                                           Pardonner à ceux qui nous ont offensés (au lieu d'entretenir les rancœurs et l'esprit de vengeance…). Celui qui n'aime pas demeure dans la mort (1 Jean 3, 14).                                 Revenez à moi de tout votre cœur... Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements et revenez au Seigneur votre Dieu car Il est tendre et miséricordieux lent à la colère et plein d'amour (Joël 2,12) 1ère lecture du Mercredi des Cendres.                                                              Abbé Laffargue

 

   

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Un livre choc

13 Janvier 2020, 18:27pm

Publié par Paroisse Catholique de Villars les Dombes

Benoit XVI, Cardinal Sarah                                                          "Des profondeurs de nos cœurs"

Ils se sont rencontrés.  Ils se sont écrit.  Juste au moment où « le monde résonnait du vacarme créé par un étrange synode des médias qui prenait le pas sur le synode réel », celui sur l’Amazonie.

Et ils ont décidé de rompre le silence : « Il était de notre devoir sacré de rappeler la vérité du sacerdoce catholique. En ces temps difficiles, chacun doit craindre d’entendre un jour Dieu lui adresser ces paroles acerbes en guise de réprimande : ‘Maudit sois-tu, toi qui n’as rien dit!’ ».  Cette dernière invective est de Catherine de Sienne, grande fustigatrice de papes.

Le pape émérite Benoît XVI et le cardinal guinée Robert Sarah ont remis leur livre à la presse peu avant Noël et voici qu’il sort en France mi-janvier chez Fayard sous le titre : « Des profondeurs de nos cœurs », avant donc que le pape François n’ait tiré les conclusions de ce synode amazonien qui, en réalité, a davantage été un débat féroce portant sur l’avenir du sacerdoce catholique, sur le célibat ou pas, et sur une future ouverture aux femmes, que sur les fleuves et les forêts.

Car ce sera en effet un gros problème pour François d’ouvrir une brèche au sacerdoce marié et au diaconat féminin alors que son prédécesseur et un cardinal d’une profonde doctrine et d’une sainteté de vie rayonnante tel que le cardinal Sarah viennent de prendre une position aussi nette et puissamment argumentée pour défendre le célibat sacerdotal en s’adressant au pape régnant avec ces mots, presque en guise d’ultimatum, sous la plume de l’un mais avec le plein consentement de l’autre :

« Il y a un lien ontologico-sacramentel entre sacerdoce et célibat. Tout amoindrissement de ce lien constituerait une remise en cause du magistère du concile et des Papes Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. Je supplie humblement le Pape François de nous protéger définitivement d’une telle éventualité en mettant son veto à tout affaiblissement de la loi du célibat sacerdotal, même limité à l’une ou l’autre région ».

Le livre de 180 pages s’articule en quatre chapitres après une préface de celui qui a dirigé la rédaction du livre, Nicolas Diat.

Le premier, qui s’intitule « De quoi avez-vous peur ? » est une introduction signée conjointement par les deux auteurs, datant de septembre 2019.

Le second est de Joseph Ratzinger.  De nature biblique et théologique, il s’intitule : « Le sacerdoce catholique ».  Il porte la date du 17 septembre, avant que le synode ne commence.

Le troisième est du cardinal Sarah et est intitulé : « Aimer jusqu’au bout.  Regard ecclésiologique et pastoral sur le célibat sacerdotal ».  Il porte la date du 25 novembre, un mois après la fin du synode, auquel l’auteur a participé activement.

Le quatrième est la conclusion conjointe des deux auteurs, intitulée : « À l’ombre de la Croix » et est daté du 3 décembre.

Dans le chapitre qu’il signé, le pape Ratzinger entend principalement mettre en lumière « l’unité profonde entre les deux Testaments à travers le passage du Temple de pierre au Temple qu’est le corps du Christ ».

Et il applique cette herméneutique à trois textes bibliques dont il tire la notion chrétienne du sacerdoce célibataire.

Le premier est un passage du psaume 16 : « Le Seigneur est mon partage et ma coupe… ».

Le troisième, ce sont ces paroles de Jésus dans l’Évangile de Jean (17, 17) : « Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. ».

Tandis que le second est constitué de deux passages du Deutéronome (10,8 et 15,5-8) incorporés dans la prière eucharistique II : « Nous te rendons grâce de nous avoir admis en ta présence [pour accomplir le service sacerdotal] ».

Pour illustrer le sens de ces paroles, le pape Ratzinger cite presque intégralement l’homélie qu’il a prononcée place Saint-Pierre le matin du 20 mars 2008, le Jeudi Saint, pendant la messe chrismale où est confectionnée l’huile sainte avec laquelle sont ordonnés les prêtres.

Une homélie que nous reproduisons ci-dessous, pour nous donner envie de lire le livre tout entier et ses pages plus directement liés à la question du célibat.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

« Nous ne nous annonçons pas nous-mêmes »

par Joseph Ratzinger / Benoît XVI

Le Jeudi Saint est pour nous une occasion de nous demander toujours à nouveau:  A quoi avons-nous dit « oui »? Que signifie « être prêtre de Jésus Christ »? Le canon II de notre Missel, qui fut probablement rédigé à la fin du II siècle à Rome, décrit l’essence du ministère sacerdotal avec les paroles par lesquelles, dans le Livre du Deutéronome (18, 5.7), était décrite l’essence du sacerdoce vétérotestamentaire:  astare coram te et tibi ministrare. Ce sont par conséquent deux tâches qui définissent l’essence du ministère sacerdotal:  en premier lieu le fait de « se tenir devant le Seigneur ».

Dans le Livre du Deutéronome cela doit être lu dans le contexte de la disposition précédente, selon laquelle les prêtres ne reçoivent pas de portion de terrain de la Terre Sainte – ils vivent de Dieu et pour Dieu. Ils n’étaient pas tenus aux travaux habituels nécessaires pour assurer la vie quotidienne. Leur profession était de « se tenir devant le Seigneur » – de veiller sur Lui,  d’être  là  pour Lui. Ainsi, en définitive, la parole indiquait une vie en présence de Dieu ainsi qu’un ministère en représentation des autres. De même que les autres cultivaient la terre, de laquelle vivait également le prêtre, il maintenait quant à lui le monde ouvert vers Dieu, il devait vivre avec le regard tourné vers Lui.

Si ces paroles se trouvent à présent dans le Canon de la Messe immédiatement après la consécration des dons, après l’entrée du Seigneur dans l’assemblée en prière, alors cela signifie pour nous qu’il faut nous tenir devant le Seigneur présent, c’est-à-dire que cela indique l’Eucharistie comme le centre de la vie sacerdotale. Mais ici aussi la portée est bien supérieure. Dans l’hymne de la Liturgie des Heures qui au cours du Carême introduit l’Office des lectures – l’Office qui, chez les moines, était jadis récité pendant l’heure de veillée nocturne devant Dieu et pour les hommes – l’une des tâches du Carême est décrite avec l’impératif :  « arctius perstemus in custodia » – veillons de manière plus intense. Dans la tradition du monachisme syriaque, les moines étaient qualifiés comme « ceux qui sont debout »; être debout était l’expression de la vigilance.

Dans ce qui était ici considéré comme le devoir des moines, nous pouvons avec raison voir également l’expression de la mission sacerdotale et la juste interprétation de la parole du Deutéronome :  le prêtre doit être quelqu’un qui veille. Il doit être vigilant face aux pouvoirs menaçants du mal. Il doit garder le monde en éveil pour Dieu. Il doit être quelqu’un qui reste debout :  droit face au courant du temps. Droit dans la vérité. Droit dans l’engagement au service du bien. Se tenir devant le Seigneur doit toujours, également, signifier profondément une prise en charge des hommes auprès du Seigneur qui, à son tour, nous prend tous en charge auprès du Père. Et cela doit signifier prendre en charge le Christ, sa parole, sa vérité, son amour. Le prêtre doit être droit, courageux et même disposé à subir des outrages pour le Seigneur, comme le rapportent les Actes des Apôtres :  ils étaient « joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus » (5, 41).

Passons à présent à la seconde phrase, que le Canon II reprend du texte de l’Ancien Testament – « se tenir devant toi et te servir ». Le prêtre doit être une personne pleine de rectitude, vigilante, qui se tient droite. A tout cela s’ajoute ensuite la nécessité de servir.

Dans le texte vétérotestamentaire cette phrase a une signification essentiellement rituelle :  c’est aux prêtres que revenaient toutes les actions de culte prévues par la Loi. Mais ce devoir d’agir selon le rite était ensuite classé comme relevant du service, d’une charge de service, et ainsi s’explique dans quel esprit ces activités devaient être accomplies.

Avec l’adoption du mot « servir » dans le Canon, cette signification liturgique du terme est en un certain sens adoptée – conformément à la nouveauté du culte chrétien. Ce qu’accomplit le prêtre à ce moment-là, dans la célébration de l’Eucharistie, est servir, accomplir un service à Dieu et un service aux hommes. Le culte que le Christ a rendu au Père a été un don de soi jusqu’au bout pour les hommes. C’est dans ce culte, dans ce service, que le prêtre doit s’inscrire.

Ainsi la parole « servir » comporte-t-elle plusieurs dimensions. Bien sûr l’une d’elles est avant tout la célébration digne de la Liturgie et des Sacrements en général, accomplie avec une participation intérieure. Nous devons apprendre à comprendre toujours davantage la Liturgie sacrée dans toute son essence, développer une familiarité vivante avec celle-ci, afin qu’elle devienne l’âme de notre vie quotidienne. En célébrant de manière juste, l’« ars celebrandi », l’art de célébrer, s’impose de lui-même. Dans cet art, il ne doit y avoir rien d’artificiel.

Si la Liturgie est un devoir central du prêtre, cela signifie également que la prière doit être une réalité prioritaire qu’il faut apprendre toujours à nouveau et toujours plus profondément à l’école du Christ et des saints de tous les temps. Puisque la Liturgie chrétienne, par nature, est toujours aussi annonce, nous devons être des personnes qui entretiennent une familiarité avec la Parole de Dieu, qui l’aiment, et qui la vivent :  c’est seulement alors que nous pourrons l’expliquer de manière appropriée. « Servir le Seigneur » – le service sacerdotal signifie précisément aussi apprendre à connaître le Seigneur dans sa Parole et à Le faire connaître à tous ceux qu’Il nous confie.

Enfin, il y a encore deux autres aspects des diverses dimensions du « service ». Personne n’est aussi proche de son seigneur que le serviteur qui a accès à la dimension privée de sa vie. En ce sens, « servir » signifie proximité, exige de la familiarité. Cette familiarité comporte également un danger:  que le sacré avec lequel nous sommes quotidiennement en contact devienne pour nous une habitude.

Ainsi s’affaiblit la crainte révérencielle. Conditionnés par les habitudes, nous ne percevons pas le fait le plus nouveau, le plus surprenant, qu’Il soit lui-même présent, qu’il nous parle, qu’il se donne à nous. Contre cette accoutumance à la réalité extraordinaire, contre l’indifférence du cœur nous devons lutter sans trêve, en reconnaissant toujours davantage notre insuffisance et la grâce qu’il y a dans le fait qu’Il se remette entre nos mains. Servir signifie proximité, mais cela signifie surtout aussi obéissance.

Le serviteur se place sous les paroles : « Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse » (Lc 22, 42). Par ces mots, Jésus au Jardin des Oliviers a résolu la bataille décisive contre le péché, contre la rébellion du cœur qui a connu la chute. Le péché d’Adam consistait, justement, dans le fait qu’il voulait réaliser sa volonté et non celle de Dieu. La tentation de l’humanité est toujours celle de vouloir être totalement autonome, de suivre uniquement sa propre volonté et d’estimer que ce n’est que de cette manière que nous serions libres ; que ce n’est que grâce à une semblable liberté sans limites que l’homme serait complètement homme. Mais précisément ainsi, nous allons à l’encontre de la vérité. Puisque la vérité est que nous devons partager notre liberté avec les autres et que nous ne pouvons être libres qu’en communion avec eux.

Cette liberté partagée ne peut être liberté véritable que si à travers elle nous entrons dans ce qui constitue la mesure même de la liberté, si nous entrons dans la volonté de Dieu. Cette obéissance fondamentale qui fait partie de l’essence de l’homme, un être qui n’est pas par lui-même et uniquement pour lui-même, devient encore plus concrète chez le prêtre :  nous ne nous annonçons pas nous-mêmes, mais nous annonçons Dieu et sa Parole, que nous ne pouvions pas élaborer seuls. Nous annonçons la Parole du Christ de manière juste uniquement dans la communion de son Corps.

Notre obéissance est une manière de croire avec l’Eglise, de penser et de parler avec l’Eglise, de servir avec elle. Cela recouvre également toujours ce que Jésus a prédit à Pierre : « Tu seras conduit où tu ne voulais pas ». Cette manière de se faire porter là où nous ne voulions pas est une dimension essentielle de notre service, et c’est précisément ce qui nous rend libres. Ainsi guidés, même de manière contraire à nos idées et à nos projets, nous faisons l’expérience d’une chose nouvelle – la richesse de l’amour de Dieu.

« Se tenir devant Lui et Le servir »:  Jésus Christ en tant que véritable Grand Prêtre du monde a conféré à ces paroles une profondeur jusqu’alors inimaginable. Lui, qui comme Fils de Dieu était et est le Seigneur, a voulu devenir ce serviteur de Dieu que la vision du Livre du prophète Isaïe avait prévu. Il a voulu être le serviteur de tous. Il a représenté l’ensemble de son souverain sacerdoce dans le geste du lavement des pieds.

A travers le geste de l’amour jusqu’à la fin, Il lave nos pieds sales, avec l’humilité de son service il nous purifie de la maladie de notre orgueil. Ainsi nous rend-il capables de devenir des commensaux de Dieu. Il est descendu, et la véritable ascension de l’homme se réalise à présent dans notre descente avec Lui et vers Lui. Son élévation est la Croix. C’est la descente la plus profonde et, comme l’amour poussé jusqu’au bout, elle est dans le même temps le sommet de l’ascension, la véritable « élévation » de l’homme.

« Se tenir devant Lui et Le servir » – cela signifie à présent entrer dans son appel de serviteur de Dieu. L’Eucharistie comme présence de la descente et de l’ascension du Christ renvoie ainsi toujours, au-delà d’elle-même, aux multiples manières dont nous disposons pour servir l’amour du prochain. Demandons au Seigneur, en ce jour, le don de pouvoir à nouveau prononcer en ce sens notre « oui » à son appel : « Me voici. Envoie-moi, Seigneur » (Is 6, 8).

Amen.

Diakonos.be

 

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Intervention de Mgr Roland évêque de Belley-Ars, sur la bioéthique

26 Septembre 2019, 09:02am

Publié par Paroisse Catholique de Villars les Dombes

Quelle société sommes-nous en train de construire ?

Bon nombre de citoyens sont très inquiets, à juste titre, de ce qui est en train de se décider en matière de bioéthique. Si les lois annoncées étaient adoptées, cela signifierait en effet l’entrée dans un nouveau modèle de société avec une autre conception de l’homme. Trop de gens ne le perçoivent malheureusement pas, parce qu’ils se laissent égarer par des arguments fallacieux, dont ils n’appréhendent pas les présupposés et n’entrevoient pas les conséquences concrètes sur le moyen et long terme. Il en serait fini de la communion autour du bien commun et du respect de la dignité de la personne humaine, puisque ce seraient les désirs subjectifs et les projets individuels qui l’emporteraient sur la dignité objective de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie naturelle. Autrement dit, pour exprimer les choses clairement, c’est le droit du plus fort qui l’emporterait ! Ce serait donc une régression de notre civilisation. 

On a parlé de débat citoyen, mais on agit en fait dans la précipitation, sous des pressions idéologiques et économiques. A-t-on vraiment écouté et pris en compte la parole de tous, notamment celle des personnes les plus vulnérables ? A-ton examiné sérieusement les objections de fond et posé ouvertement les vraies questions ? Par exemple, sommes-nous d’accord pour assigner une nouvelle mission à la médecine : celle d’assurer des prestations de services techniques pour répondre à des désirs individuels ?  Ou encore, sommes-nous d’accord pour exercer la solidarité nationale non plus uniquement pour venir en aide aux personnes les plus fragiles, mais aussi pour satisfaire des désirs individuels ou catégoriels ? Sommes-nous d’accord pour renoncer à financer un certain nombre de priorités concrètes au profit de pratiques coûteuses qui ne présentent pas un caractère de nécessité ? La crise des services d’urgence dans les hôpitaux et l’existence de déserts médicaux dans l’espace rural n’appellent-elles pas à offrir une réelle égalité d’accès aux soins, avant de servir des intérêts particuliers ? Sommes-nous tous conscients des enjeux économiques qui se cachent, et de la marchandisation de l’être humain qui se profile ? Avons-nous bien compris que se met en place une sélection, donc un eugénisme qui ne dit pas son nom, et que, de ce fait, comme c’est déjà commencé, on ne reconnaîtra pas à tout le monde le droit de vivre ? Finalement, sommes-nous d’accord pour que notre société n’assure plus la protection des personnes les plus vulnérables, de l’enfant dans le sein maternel jusqu’à la personne handicapée, en passant par le demandeur d’asile ?

Les projets de lois que certains préconisent ne sont-ils pas en contradiction avec la déclaration des droits de l’homme, la convention internationale des droits de l’enfant, et bien d’autres documents législatifs qui jusqu’ici font légitimement notre fierté ? Mesure-t-on aussi l’incohérence de se préoccuper avec raison de la sauvegarde de la nature, et en même temps de bafouer l’écologie humaine ?

Depuis plusieurs années, et tout récemment encore, les évêques de notre pays se sont clairement prononcés sur le sujet, en particulier Mgr Pierre d’Ornellas,  responsable du groupe de travail de la Conférence des Evêques de France sur la bioéthique[1].  Vous avez pu l’entendre s’exprimer avec l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit (intervenant aussi avec sa compétence de médecin) ainsi que Mgr Eric de Moulins Beaufort, nouveau président de la Conférence des Evêques de France[2]. Moi-même, j’ai organisé, à l’automne dernier, toute une série de conférences destinées à sensibiliser le public des Pays de l’Ain[3]. Reste maintenant à chacun d’entre nous  de faire ce qu’il peut pour faire entendre sa voix citoyenne et pour continuer d’éclairer la conscience des personnes de son entourage.

Cette mobilisation n’est pas certes pas vaine, car si la loi vient à être votée, nous aurons néanmoins assumé notre mission prophétique en ce monde et largement contribué à la réflexion commune, en témoignant  de la dignité inaliénable de tout homme. Puisque nous avons la certitude que le Christ mort et ressuscité est vainqueur des ténèbres, nous savons que notre témoignage portera du fruit en son temps, et qu’un jour on nous saura gré d’avoir montré fidèlement et courageusement le chemin de la vérité et de la vie.

Les techniques les plus élaborées ne gommeront pas la fragilité humaine. Paradoxalement, alors qu’en recourant aux moyens techniques on vise l’autonomie et la maîtrise totale, celles-ci nous rendent dépendants d’elles-mêmes et en fin de compte nous fragilisent davantage, en même temps qu’elles nous isolent les uns des autres ! Nous avons en réalité besoin d’apprendre que la fragilité n’est pas une tare à redouter ni une réalité à cacher, puisqu’elle est inscrite dans notre être profond. Elle est une expression de notre finitude et donc une ouverture à l’intériorité et à la relation : elle appelle l’investissement responsable de chacun dans l’hospitalité, la solidarité fraternelle, le soin, l’accompagnement, en un mot, la charité, qui ne passera jamais.[4]

                                                                                                                             + Pascal ROLAND                                                                                                                                                                                   24 septembre 2019

[1]Voir en particulier sa prise de parole devant la mission d’information parlementaire (30 octobre 2018) et son livre récent « Bioéthique. Quelle société voulons-nous pour aujourd’hui et demain ? » (éditions Balland)

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Jubilé d’argent abbé Pierre Friess. Homélie (notes)

10 Août 2019, 14:00pm

Publié par Paroisse Catholique de Villars les Dombes

Dimanche 7 juillet 2019

 

Jubilé d’argent abbé Pierre Friess.

 

Chers frères et sœurs,

 

Quelle joie de pouvoir célébrer la Sainte Messe dans la petite Jérusalem de cette Eglise où le sacrifice de Jésus ressuscité continue de s’accomplir ; même sacrifice, même lieu, même grâce. Cette église devenue comme mon épouse (les pierres et chacun de vos visages).

St François de Sales « En ce jour-là, Dieu m’a ôté à moi-même pour le donner au peuple ».

Grâce de paternité spirituelle : joie d’avoir aidé des âmes à progresser vers le Bon Dieu. Edifié par les gens mis sur ma route, pour devenir plus prêtre. Grâces révélant la grandeur, la beauté du prêtre. Bernanos, à propos d’un curé qui se considère comme nul, un malade… « Ô doux miracle de nos mains vides, nous donnons ce que nous ne possédons pas ». C’est la grandeur du sacerdoce.

Par le prêtre, le Christ est présent charnellement. (On n’aurait pas été capables d’inventer ça). Nous portons un grand trésor dans un vase d’argile.

 

A la suite de l’évangile d'aujourd’hui, il faut prier pour que nous ayons toujours des prêtres. La messe est le rendez-vous d’amour où Dieu se donne tout entier lui-même. Nous réjouir avec Jérusalem, lieu du sacrifice, lieu de résurrection (joie, bonheur de la messe.

Du St Curé d’Ars : « Le seul bonheur que nus ayons sur la terre, c’est d’aimer Dieu notre Père.  Le seul bonheur que nous ayons sur la terre, c’est de savoir que Dieu nous aime ». 

Amour qui nous déborde de toute part, rassasiés, nous ne ressortirons pas le cœur vide. Si il y a de la tristesse, nous aurons le lait des consolations.

Ainsi Sainte Thérèse de l’ Enfant Jésus : « Vous serez comme des nourrissons qu’on porte sur ses bras ». Dieu est maternellement paternel.                                                                                                                                                   De St Paul : «  La Croix doit rester notre seul orgueil ». C’est par la Croix que nous découvrons l’amour de Jésus-Christ pour nous. Nous entrons dans la Sainte Trinité.

Le Saint Pierre Vigne vécut au temps des guerres de religion. Selon la légende, en voyage vers Genève, il rencontre un prêtre portant Jésus-hostie à un malade. Il ne salua pas, son cheval se cabra et le fit tomber. Ce fut pour lui la prise de conscience de la présence réelle de Jésus-Christ.

A vingt ans, il part au séminaire de Viviers : « La croix est le plus beau livre que Dieu nous a donné ».  « J’ai coûté le sang d’un Dieu » (tombé goutte à goutte).

Rappel du témoignage d’un servant de messe, lors de la visite de Monseigneur Roland, ayant rencontré la présence réelle à la messe. Le dimanche : »ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie ».

Il y a là un rythme spirituel en lequel nous nous ressourçons pour la semaine, ad orientem, tournés vers la vie, la croix.. Et le prêtre aussi.

Pierre Vigne : «Les autres sacrements sont de beaux astres de la nuit… pas l’eucharistie qui est le soleil. » « A la communion, nous serons perdus dans l’éternité de Dieu. »

Pierre Vigne, avant de mourir le 8 juillet* 1740 dans le Vercors, : « O Seigneur, si je pouvais encore prêcher une fois, je ferais bien sentir au peuple la soif profonde que le Seigneur éprouva quand Il expira pour le Salut du monde ».

Jésus a soif d’amour. Il aime, mais n’et pas aimé. Soif d’être aimé des hommes dans le Saint Sacrement.

A travers le prêtre, c’est Dieu qui nous parle. C’est Jésus ressuscité lui-même, dans la présence du prêtre...

 * Fête liturgique.

 

Prise de notes pendant la messe par MB,  de l’homélie prononcée le 7 juillet 2019 par M. l’abbé Pierre Friess

 

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