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Groupement paroissial de  Villars les Dombes

MONSEIGNEUR GUY BAGNARD A PROPOS DES ELECTIONS

15 Mars 2012, 21:57pm

Publié par Paroisse Catholique de Villars les Dombes

Note complémentaire à propos des élections

 

Je voudrais ajouter ces quelques réflexions au texte « Quelle vision de l’homme ? », paru dans le numéro de mars 2012 de la revue diocésaine « Église des Pays de l’Ain  », à l’approche des prochaines élections.

En mars 2006, le Pape Benoît XVI était intervenu auprès de Parlementaires italiens dans le contexte de d’une Journée d’études sur l’Europe. Dans la période électorale où nous nous trouvons ici en France, il est bon de rappeler ce que le Pape avait alors exprimé aux Parlementaires. A la fin deson discours, il avait énuméré ce qu’il avait appelé les trois « points non négociables » pour un catholique, face aux programmes des candidats.

En ce qui concerne l’Église catholique, l’objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire :

  • la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;
  • la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
  • la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.

Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même s’ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi ; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en vue de leur promotion n’est donc pas à caractère confessionnel, mais elle vise toutes les personnes, sans distinction religieuse. Inversement, une telle action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, parce cela constitue une offense contre la vérité de la personne humaine, une blessure grave infligée à la justice elle-même. [1]

Pour toute conscience catholique qui s’interroge vis à vis des programmes présentés par les candidats aux prochaines élections présidentielles et législatives, les paroles du Pape peuvent constituer des points de repère sûrs. C’est pourquoi je me permets de les rappeler ici sur notre site diocésain.

† Père Guy-Marie Bagnard
Évêque de Belley-Ars

 

[1] Dans ce passage, le Pape reprenait les éléments de la Note Doctrinale publiée le 24 novembre 2002 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dont il était alors le Préfet. Voici le passage correspondant de la Note Doctrinale qui éclaire le contexte et certains aspects des « points non négociables » :

Si les chrétiens sont tenus « de reconnaître la légitime multiplicité et diversité des options temporelles », ils sont également appelés à s’opposer à une conception du pluralisme marquée par le relativisme moral, qui est nuisible pour la vie démocratique elle-même, celle-ci ayant besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas « négociables ». 
(...)

Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne.

  • Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain.
  • De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce : aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale.
  • De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains.

Source : http://catholique-belley-ars.cef.fr/